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L'actualité syndicale

Obligation vaccinale                                                       Lettre au Directeur Général de la Cnam

Monsieur le Directeur Général,

 

La CFDT souhaite par ce courrier porter des revendications, suite à la publication de la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire et du décret n° 2021-1059 du 7 août 2021 modifiant le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la crise sanitaire.

 

Tout d’abord la CFDT réaffirme son positionnement quant à la nécessité de vacciner le plus grand nombre comme mesure essentielle de lutte contre la pandémie liée à la Covid-19.

 

La première revendication porte sur le respect du secret médical des salariés de la Cnam. C’est pourquoi nous demandons que les salariés de l’entreprise puissent transmettre aussi au médecin du travail leur certificat de statut vaccinal. En effet, nous ne souhaitons  aucune discrimination entre les salariés vaccinés d’une part et les autres salariés (ayant eu récemment la Covid-19 ou présentant une contre-indication à la vaccination) d’autre part quant à la gestion de cette obligation, charge au médecin du travail d’adresser à l’employeur  la confirmation ou l’infirmation du respect des dispositions au regard de la nouvelle règlementation.

 

Afin de faciliter l’acceptation, par les salariés, de ces mesures règlementaires contraignantes et impératives, nous revendiquons la possibilité pour les  salariés d’utiliser leurs congés légaux ou  anticipés, leurs RTT ainsi que les jours positionnés sur leur CET dans le souci de laisser à chacun et à son rythme le temps de se mettre en conformité vaccinale.

Afin de faciliter et d’accélérer la vaccination des personnels non encore vaccinés volontaires, nous demandons également que des vacations de vaccination sur site (Elsm, ERSM) soient  mises en œuvre.

 

La CFDT demande à l’employeur qu’un CSE central exceptionnel puisse se tenir dans les meilleurs délais pour que  le dialogue social puisse ensuite être décliné rapidement dans tous les établissements. C’est par la force de la persuasion et non l’injonction que les salariés accepteront ces contraintes.

 

Nous profitons enfin de ce courrier pour vous demander la possibilité pour les salariés des départements (métropole et DOM) où l’épidémie liée à la progression du variant delta du SARS-Cov 2 est très dynamique de bénéficier d’une extension (jusqu’à 5 j/5) du télétravail.

 

Nous vous prions de croire, Monsieur le Directeur général, en l’assurance de toute notre considération.

 

p/o  M. Philippe Perriot, DSC

Dr Emmanuelle Soustre, DSC

Dr Odile Regnier, RS au CSEC

10/08/2021

Monsieur le Directeur Général,

 

Le 17 mai est la journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. A cette occasion, Santé publique France a publié un numéro spécial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire.

 

Deux articles scientifiques ont retenu notre attention. Nous vous invitons à en prendre connaissance.

 

Le premier met en évidence, chez les personnes homosexuelles, bisexuelles ou transsexuelles, un risque aggravé d’altération de la santé physique et mentale. Pour la santé mentale, ce risque est multiplié au moins par 2. Sa cause réside dans les violences et discriminations dont ces personnes sont victimes.

 

« Selon le Baromètre de Santé publique France 2017, les personnes (lesbiennes, gay et bisexuelles) sont davantage concernées par les troubles de santé mentale : le risque d’(épisode dépressif caractérisé), de pensées suicidaires et de tentative de suicide est multiplié au moins par 2 par rapport à la population de personnes hétérosexuelles. Elles sont aussi plus à risque d’être victimes de violences physiques et/ou verbales l’année précédant l’enquête. Les analyses de médiation montrent que les violences vécues expliquent 25% d’avoir des symptômes dépressifs actuels chez les personnes (lesbiennes, gay et bisexuelles) par rapport aux personnes hétérosexuelles. » (Fabienne El Khoury Lesueur et coll.)

 

Le second article établit qu’une agression homophobe sur 10 s’effectue précisément sur le lieu de travail ou d’études.

 

« Au début de l’année 2019, 28% des (hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes) déclaraient avoir été victimes d’injures à caractère homophobe (…) au cours des 12 mois précédant l’enquête. (…) 82% ont été injuriés verbalement, 17% ont été injuriés et agressés et 1% « exclusivement » agressés. Les discriminations s’expriment dans différentes sphères de la vie publique et privée. Ainsi 20% des répondants ont été victimes de discrimination dans un lieu public, 10% l’ont été sur leur lieu de travail ou d’études et 9% l’ont été au sein de leur famille. »  (Lucie Duchesne et coll.)

 

Nous vous avons alerté sur ce sujet en février dernier. Cette alerte n’a pas provoqué de prise de conscience. Aucune action de prévention, en effet, n’a été engagée par la Cnam à l’attention de ses salariés ni des agents de l’Assurance Maladie. Pourquoi ?

 

Notre analyse est inchangée :

 

« Dans le cadre de l’accord collectif relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail du 30 octobre 2018, la Cnam s’est engagée à lutter au sein de l’établissement public contre toute forme de comportements hostiles tels que le sexisme et le harcèlement sexuel. Notre syndicat entend prendre sa part dans ce juste combat.

 

Toutefois, nous considérons que la lutte contre les comportements hostiles, ainsi réduits au sexisme et au harcèlement sexuel, pour être nécessaire, n’en est pas moins gravement insuffisante. Un champ entier échappe encore à l’action que devrait mener l’établissement public : celui de la lutte contre l’homophobie. (…)

 

Le terme de « sexisme » a été créé dans les années 1960, par analogie avec celui de « racisme », pour montrer que le sexe constitue pour les femmes un facteur de discrimination, de subordination et de dévalorisation. C’est le même mécanisme qui est à l’œuvre avec l’homophobie, dans la mesure où l’orientation sexuelle constitue, elle aussi, un facteur de discrimination, de subordination et de dévalorisation, y compris dans le cadre professionnel.

 

Ne pas appréhender les questions du genre dans leur globalité, c’est choisir de rendre invisibles des violences qui pourtant existent. Faire ce choix, c’est se rendre complice de ces violences éventuelles. »

 

Avec cette lettre ouverte, nous vous demandons à nouveau qu’un chantier soit ouvert sur ces questions.

 

Cela nous conduit à vous poser deux questions :

 

  • Etes-vous disposé à ce que la branche maladie engage une action à destination de ses salariés, afin de prévenir le risque de violences homophobes sur leur lieu de travail ?

 

  • De façon plus générale, quelle action l’Assurance Maladie pourrait-elle mener à destination de ces assurés qui présentent un risque aggravé d’altération de la santé physique et mentale ?

 

Veuillez croire, Monsieur le Directeur Général, à l’expression de notre considération respectueuse.

 

Eric CHAUVET

Secrétaire Général

Dr Emmanuelle SOUSTRE

Présidente

 

28/05/2021

2021-05-28-Lettre ouverte au DG -Lutte c[...]
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