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L'actualité syndicale

Le dialogue social au sein du régime général est-il autre chose qu’un théâtre d’ombres ? (L’exemple du télétravail)

Avec la levée des contraintes liées à la crise sanitaire et la nécessité de relancer l’activité, les directeurs des cinq caisses nationales semblent avoir tendance à oublier ce que la crise de la Covid-19 a créé comme expériences et comme attentes chez de nombreux salariés et en particulier chez les agents de direction.

 

L’exemple du télétravail est emblématique de cette situation.

 

Les Agents de Direction attendaient globalement un cadrage de la reprise de l’activité redéfinissant la place de chacun en tenant compte des acquis et des apprentissages de la crise. Le télétravail en faisait partie. On aurait pu considérer :

  • Qu’il devait devenir plus systématique et pas seulement possible et imposé en cas de force majeure ;
  • Qu’on allait repenser notre organisation de travail pour l’intégrer pleinement dans nos organismes pour la plupart des salariés, sauf pour ceux effectuant des tâches non télétravaillables.

 

Que nenni !


La négociation nationale qui aurait pu définir un socle minimal est reportée sine die.
Le motif « serait » que tous les organismes n’auraient pas eu le temps de conclure un accord local. Il est vrai que si le directeur de l’Ucanss n’est là que pour faire des synthèses a minima… il ne faut pas s’étonner que certains se posent la question du rôle de l’Ucanss!

 

De plus, il ne faudrait pas se plaindre car il y a « des accords locaux qui prennent en compte la situation des agents de direction ».

 

Certes.
Une première étude des accords locaux (près de 70 organismes) montre pour les agents de direction une très grande hétérogénéité et c’est un doux euphémisme :
de RIEN à TROIS jours par semaine, en passant par toutes les variantes possibles et imaginables.

 

Nous avons interpellé les cinq directeurs de caisses nationales avec l’idée d’un socle minimal pour les agents de direction intéressés. Le moins que l’on puisse dire est que les caisses nationales ne montrent pas beaucoup d’empressement pour harmoniser les situations injustes créées par les accords locaux.

 

Est-ce une nouvelle illustration du « si riche dialogue social » dans l’institution ou simplement l’incapacité de ses dirigeants à passer d’une culture de la méfiance et du contrôle - conception un peu datée du management - à une culture de la confiance ?

 

Le télétravail appelle avec encore plus d’acuité à une transformation managériale qui devient d’ailleurs le mantra des caisses nationales et de l’UCANSS. La crise a en effet bousculé nos représentations sur l’organisation du travail. D’ailleurs, la culture du présentéisme (faire des heures pour démontrer son engagement comme STAKHANOV en…1935 !) plombe les Organismes de Sécurité Sociale dans leurs enjeux d’efficacité et leur fait courir un risque juridique et judiciaire. Il est vrai que toutes les catégories de salariés souhaitent trouver de nouveaux équilibres entre les champs de vie personnels et professionnels. Nous rappelons ici que la QVCT (qualité de vie et des conditions de travail), la déconnexion et la santé au travail font désormais partie des négociations obligatoires. Dans ce contexte, le stéréotype sur le rôle et l’engagement de l’agent de direction ou du dirigeant perdure tel un souverain poncif.

 

Les managers se doivent d’être exemplaires ! C’est entendu !

 

Mais, l’exemplarité se mesure moins aujourd’hui à l’aune du sacrifice qu’à celui de la cohérence et de la congruence entre les évolutions nécessaires et la posture des dirigeants.

 

Les directeurs de caisses nationales et de l’Ucanss ne sont-ils pas aussi et avant tout des managers ?

 

Au moment où l’après-crise s’amorce et où les COG s’annoncent dans la continuité des précédentes (mutualisations, rendu de postes), ce silence signe d’indifférence, voire de mépris, en faisant comme si rien n’avait changé, ne peut que conduire à tendre encore plus le rapport entre les agents de direction et l’institution.

 

Plus généralement, nous considérons que le dialogue social local ne peut se substituer au nécessaire dialogue social national, les deux étant complémentaires pour les agents de direction qui, sur le plan local ne sont pas associés aux négociations. Nous rappelons d’ailleurs que le ministère du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle a, parmi les trois objectifs poussant à la restructuration des branches professionnelles, toujours réaffirmé que les branches professionnelles doivent être à même de remplir leurs différentes missions (définition des conditions d’emploi et de travail des salariés, régulation de la concurrence, formation professionnelle).
Mais, peut-être que certains ont d’autres idées…
Par exemple, une convention collective pour chacune des branches du Régime Général ? Ce serait le meilleur moyen de démonétiser voire de conduire à la suppression de l’Ucanss dont le rôle, voire l’essence, consiste justement à fédérer le Régime Général.

 

Le SNPDOS CFDT souhaite au contraire un renforcement du rôle de l’Ucanss et reste résolument promoteur d’un dialogue social respectueux qui permette à chaque agent de direction de bénéficier réellement des avancées sociales, comme dans toutes les branches professionnelles, en faisant en sorte que ses légitimes représentants ne soient pas écartés des négociations qui déterminent leur vie au travail.

 

Pour faire respecter et avancer les droits des ADD,
il faut un syndicat fort et réellement représentatif de notre profession.
Le SNPDOS-CFDT vous défend et défend vos intérêts.

15/11/2021

Le dialogue social au sein du régime général est-il autre chose qu’un théâtre d’ombres ? (L’exemple du télétravail)
2021-11-15 Dialogue social RG Télétravai[...]
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